Adepte du son germanique, il fait partie de cette veine de producteurs oscillants entre minimale surpuissante et techno pleines d'infrabasses. Fondateur du label Toneman, il est considéré par beaucoup comme l'alter Ego de Chris Liebing avec lequel il travaille sur CL-R, Alex Bau sera aux commandes de l'Inox Electronic Club ce samedi 20 février 2010 pour une nuit de légende. A cette occasion nous vous proposons une interview...
Sophia Connor : Alors Alex, parles nous un peu de ton actualité musicale ?
Alex Bau : En ce moment c’est surtout mon projet de remixes qui tourne sur toutes les machines. On vient juste de sortir le second opus d’une série de cinq volumes, avec des remixes de Chris Liebing et Jonas Kopp.
Le premier était avec un sacré artiste, Pfirter, et Gary Beck. Et le prochain inclura des bombes de remixes de The Advent et Remute. Après ce sera avec Secret Cinema et Drumcell, et pour conclure sur la cinquième sortie, ce sera le meilleur remix que l’on recevra. Et puis je viens tout juste de finir mon nouvel album qui sortira en mai.
SC. DJ set ou bientôt un live ?
AB. J’ai toujours joué en DJ set, je n’ai jamais eu l’ambition de faire du live. J’adore produire en studio, c’est une chose que j’aime énormément, mais quand je suis aux manettes du club je préfère cette flexibilité que peut apporter le Dj set. Et puis tu sais, il y a tellement de bons morceaux à jouer venant d’horizons différents, le set est tout simplement ma passion. J’aime acheter des disques, encore et toujours, même si j’ai du m’adapter à l’ère numérique.
SC. J’ai entendu dire qu'un nouveau podcast pour ton ami Chris Liebing allait voir le jour ?
AB. Oui, il y aura très prochainement un nouveau podcast avec CLR et un nouveau track pour la compilation CLR qui va sortir. Toutes les infos seront sur le site de CLR ou sur mon site internet alexbau.de où vous pouvez trouver toutes les nouvelles infos.
SC. Tu as remixé de nombreux artistes. Comment perçois-tu le remix par rapport au morceau original ?
AB. Dois-tu obligatoirement aimer l’original pour décider de créer un remix ?
Bien sur ! C’est la chose la plus importante pour moi, si je n’aime pas l’original il m’est impossible de faire un bon remix. Mais le temps m’est limité et je dois faire des choix pour savoir quels titres remixer.
SC. Quels sont, selon toi, les artistes du circuit qui vont vite monter ?
AB. C’est toujours dur de donner quelques noms, il y a tellement de bons artistes. Je joue beaucoup de morceaux de Pfirter par exemple, mais j’aime aussi d’autres styles comme les berlinois de youANDme. Actuellement je pense que tous les mecs que j’ai cité pour les remixes sur Credo sont vraiment au top.
SC. Que penses-tu de toutes ces nouvelles technologies de mix ?
AB. J’ai longtemps utilisé le support vinyle pour mixer, mais maintenant il y a vraiment de bonnes choses pour apporter un plus à ton set. L’époque vinyle me manque vraiment car je suis encore et toujours un drogué du disque, mais il faut dire que les nouvelles technologies apportent tellement plus de possibilités, de technicité. C’est devenu plus qu’un simple DJ set, on est presque sur du remix en live.
SC. Comment vois-tu évoluer la musique techno en Europe et ailleurs dans les prochains mois, prochaines années ?
AB. Je pense qu’en 2010 la musique va revenir à ce que l’on appelait Techno. Les gens y reviennent après avoir mangé trop de minimale et de house durant ces trois dernières années. Ca ne sera pas des rythmes aux bpm rapides mais plus du son énergique, puissant, qui te fait vraiment danser.
SC. Nostalgique des débuts ou plutôt heureux de la tournure qu’a prise la techno ?
AB. Quand la techno a explosé au début des années 90, tout était vraiment nouveau et si excitant. La musique électronique dans les clubs ce n’était pas quelque chose de normal, tout du moins la « techno » comme nous la connaissons. Maintenant c’est devenu un standard de la vie nocturne, mais il ne faut pas oublier que c’est la techno qui a ouvert la voie, qui a révolutionné la nuit en amenant de la nouveauté. Ca n’a pas été facile. Aujourd’hui presque tout le monde connait le son électronique, les clubs se sont multipliés. Les ados ne connaissent plus ces longues distances que l’on parcourait à la recherche de soirées. C’est vraiment cool de voir comment la techno a créée une nouvelle scène, un nouveau public et même un style de vie nocturne.
SC. Peux-tu nous raconter en quelques mots l'une de tes meilleures soirées... et la pire ?
AB. Hmm c’est une question difficile… il y a eu énormément de grosses soirées, ce n’est pas évident de n’en citer qu’une seule. Ce sont plutôt ces moments très spéciaux, qui font d’une nuit quelque chose d’unique. Quand tu arrives à happer l’énergie que le public donne et que tout devient naturel, simple, c’est vraiment ça qui fait le grand moment. Il y a pas mal de temps j’ai fait de grosses soirées à Montréal, et puis il y a aussi eu ma résidence au Silo1. Sans oublier ma dernière date en France, à Montpellier qui a été très intense !
SC. Dans quel pays y a t-il le meilleur public selon toi ?
AB. Hmm c’est la même chose que pour les bonnes et les moins bonnes soirées. Ca peut être n’importe où, je pense qu’en temps que DJ tu dois insuffler de l’émotion dans l’effort, de la passion et de l’énergie pour avoir le retour du public. C’est la clé. Ce n’est pas une histoire de ville ou de pays. Très souvent j’ai pu en faire l’expérience dans des endroits où le phénomène techno est encore récent, et c’est plus là où on va assister à quelque chose d’euphorique. Mais ça peut aussi marcher avec un public de connaisseurs. Il n’y a pas de vérité absolue.
SC. Prends-tu toujours autant de plaisir à jouer après ces années ?
AB. Bien sûr, ce n’est pas seulement mon travail, c’est surtout ma passion. Je suis vraiment chanceux d’avoir pu en faire métier, et je suis très reconnaissant envers la musique. Ce qui fait que je suis toujours très excité à chaque nouvel évènement et rencontre avec le public.
SC. Un dernier mot avant ta venue à Toulouse ?
AB. Je suis très excité à l’idée de jouer à l’Inox, ce sera la première fois. J’ai eu de très bons échos de ce club, et puis tu sais la France a toujours été un bon terrain de jeu pour moi. J’espère juste que ma correspondance depuis Edinburgh sera à l’heure pour arriver sur Munich et prendre mon avion pour Toulouse haha. Une fois passée l’étape de l’avion, je suis sûr que tout sera parfait. Be there !
SC. Un grand merci pour avoir pris le temps de nous répondre. Nous t'attendons de pied ferme !
AB. Merci à vous et à très bientôt !
Interview réalisé par Sophia Connor, Association Mentalism, www.myspace.com/m3ntalism



